Les débuts

Très tôt le monde de la BD était présent

La bande à Smikee est le résultat d’une idée qui a germé dans la tête de Freg il y a longtemps et qui s’est développée sur plusieurs années. Smikee, Ramone, Trolina, Dracula et les autres personnages qui hantent le cimetière « Pleine lune » ne sont pas apparus comme çsmia un beau jour. Ils ont une histoire et nous allons vous la raconter.

Tout jeune Freg aimait bien la bande dessinée. La bibliothèque de ses parents en était bien pourvue. Il n’avait qu’à sélectionner une BD sur l’une tablette de la bibliothèque et la lire. Ces choix se porte alors sur Garfield, Astérix, Ric Hochet et Michel Vaillant.

Avec le temps, Freg diversifie ses goûts, il profite d’occasions, tel que Noël ou son anniversaire, pour demander en cadeaux Boule et Bill, Léonard, Gaston Lagaffe et Tintin.

Déjà au secondaire, il est attiré par le dessin et son entourage remarque son talent. Il n’est pas rare qu’à la demande de membres d’une équipe de hockey de rue ou de basketball du quartier qu’il crée le logo de l’équipe.

C’est à cette époque qu’il tente sa chance en approchant la direction du journal de son quartier, « l’Informateur de Rivières des Prairies » et propose de lui fournir  une « strip » de BD chaque semaine. Un « strip » est une courte histoire complète se composant de trois à cinq cases seulement. Les Peanuts (Charlie Brown) ou Garfield sont des exemples très connus de ce genre de BD.

L’histoire suggérée par Freg se résume ainsi. « Bob » est un adolescent à la recherche d’un emploi. Malheureusement pour lui, il a la fâcheuse habitude de se mettre les pieds dans les plats. La série dura quelque temps et permit a Freg de faire ses premiers pas dans le monde de la BD.

Est-ce le destin, le hasard, la chance…? Il ne sait trop. Ce dont il se souvient, ce sont les encouragements de son professeur d’art au Secondaire IV (École secondaire Jean-Grou), Daniel Haché, à participer au concours « Pepsi Jeunesse ». Le Salon Jeunesse offre à tous les jeunes de concourir à la réalisation de l’affiche du Salon. C’est le premier événement d’envergure auquel participe Freg et comble de bonheur il rafle le premier prix. Cette fois, il faut bien conclure qu’il s’agit plus d’une question de travail et de talent, que de la chance. Il rappelle que Daniel Haché est le premier professeur qui l’a entretenu de l’aspect artistique de la BD. C’est aussi lui qui a fait remarquer au futur bédéiste l’importance du trait et de son épaisseur caractéristique dans une illustration.

Si faire un dessin lui paraît sinon facile, du moins faisable, voilà que la seconde étape du concours est beaucoup plus « angoissante » : Freg doit se présenter sur un plateau de télévision de Radio Québec et participer à une émission, animé par Patricia Paquin, au cours de laquelle son « œuvre » sera dévoilée au public. Là on se perd en conjecture à savoir si de s’adresser au public ou de côtoyer Patricia Paquin fut le plus terrifiant pour lui. Il en résultat que Freg refusa de parler au micro et se contentât de la présentation de l’affiche. Le temps ayant passé et Freg humanisé, il affirme aujourd’hui, à qui veut l’entendre, qu’il accepterait toute demande d’entrevue provenant de Patricia Paquin.

Le monde de Smikee : le résultat d’une longue évolution

C’est à l’époque du CEGEP que Freg fait évoluer son premier projet, les histoires de Bob, en modifiant son personnage principal et en créant un nouvel environnement : ce sera « Les Ti-Mox ». Délaissant le « strip », il adopte le mode minisérie. Freg s’inspire des personnes qui l’entourent pour créer ses personnages. Les amis et les membres de sa famille sont caricaturés et se retrouvent bien malgré eux sur la planche à dessin.

À la question: « Pourquoi avoir modifié le « strip » ? Freg répond: « Après avoir fait vivre diverses aventures à « Bob », les scénarios devenaient trop limités et les mise en scène répétitive.  Une meilleure interaction des personnages et une scénarisation plus structurée me paraissaient nécessaires. Pour mon nouveau projet, je décidai d’axer les scénarios sur le caractère particulier de chacun des personnages. L’histoire passait par « la personnalité ». En créant des personnalités tranchées, la mise en présence des personnages détermine déjà en partie l’action qui va suivre. »

Freg avoue que ce modèle ne lui est pas apparu subitement. Bien sûr, l’idée y était effectivement au début, mais beaucoup plus vague et c’est lentement qu’il l’a mise au point. Selon lui, il faut que les personnages portent en eux les caractéristiques qui créeront les liens d’amitié, les frictions, les amours partagés ou non, enfin l’ensemble de la dynamique. Plus encore, selon le bédéiste c’est par ses défauts qu’un personnage devient intéressant, à la fois, pour l’auteur et le lecteur. Pour exemple, il réfère au personnage de Jim Davis, “Garfiel, qui n’a rien du gentil minet sympathique. Et c’est exactement ce que le l’amateur du genre recherche. » de conclure Freg.

Question fantomatique

À la question de savoir si, dans ce cas, ce sont les petits monstres qui guident l’auteur (ou les auteurs) et mènent le jeu, ou si au contraire l’auteur conserve le contrôle de la BD, Freg préfère ne pas répondre à la question de peur de vexer inutilement les habitants du cimetière Pleine Lune.

Des personnages qui évoluent, tout en demeurant « peu évolués »

C’est de cette nouvelle version que les caractéristiques de bon nombre des personnages, qui apparaîtront plus tard dans « La bande à Smikee », font leurs débuts. Bien sûr, ce ne sont pas les personnages aboutis, tel qu’on les retrouve aujourd’hui, mais de nombreux traits de caractère sont déjà présents.

Vous connaissez l’amour et la haine

À titre d’exemple le duo « Ramone et Trolina » : c’est la relation « amour / amour » pour le premier, alors qu’elle est « haine / profit » pour l’autre. Et bien, cette facette de nos deux héros provient d’observation faite par Freg sur des couples bien réels. Selon l’auteur, il ne peut y avoir adéquation entre amour et haine ou entre amour et profit, c’est pourquoi Freg avoue que ce type de relation l’a toujours fasciné. « Mais pour des scénarios c’est tout simplement génial, d’autant plus que l’on crée souvent des personnages qui sont à l’opposé de notre caractère ou de notre manière de pensée », d’ajouter Freg.

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Dans « Les Ti-Mox » il met en scène les ancêtres de Ramone et Trolina : un garçon que l’on peut qualifier d’homme rose « amoureux et tendre » qu’il oppose, dans sa relation, à une fille « hystérique, névrosée, colérique, ». Freg venait de mettre en place l’opposition des personnages comme trame de fonds.

Vous auriez un baveux pour amis ?

Si le personnage de Benzo est aussi le résultat d’un processus évolutif, il a connu beaucoup moins de transformations que d’autres. Visuellement, on le reconnaît assez facilement si on le compare à son ancêtre. Il demeurera l’être inoffensif qui est à la recherche d’amis, mais que l’on trouve, tout à la fois, déplaisant, repoussant voir encombrant, mais tout aussi attachant. Errant dans les environs, on ne peut saisir le but visé par le personnage puisqu’il apparaît sans raison et sans pourquoi. C’est probablement le seul personnage de la série qui n’a ni racine, ni projet : il « est » et c’est tout.

Le principal « ajustement » que Freg a apporté à Benzo, c’est une modification à son nom. Initialement il portait le joli nom de Juteux. Et pourquoi Juteux ? Tout simplement parce qu’il avait la belle habitude de constamment baver. « Pourquoi se forger de longues explications quand la simplicité s’impose ? » de déclarer le créateur de… de … « créatures ».

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… et Gégé

Gégé est aussi né de la fusion d’anciens personnages. Il hérite, le pauvre, des faibles capacités cérébrales de l’ancêtre de Benzo et de l’apparence dodu d’une autre figure tirée des Ti-Mox. Freg a procédé à certains ajustements. Ainsi, la préférence marquée pour les sucreries du personnage précédent est remplacée désormais par une dépendance à la caféine.

Or, dans la Bande à Smikee, on remarque que les zombies ne sont par à la recherche de dégustation de chair humaine, mais sont plutôt à faire le plein de caféine. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec de nombreux membres de notre entourage se disant incapable de débuter la journée sans une bonne dose de caféine.

Bien que la Bande à Smikee se retrouve dans la catégorie « littérature jeunesse », le lecteur adulte se surprendra à découvrir de nombreux clins d’œil qui lui sont adressés. Outre, la question typique du café, Freg réfère principalement à la dynamique intervenant dans les relations de couple et quant aux traits de caractère spécifiques à chacun des personnages de la bande qui sont tous des calques d’humains bien réels et que l’on côtoie au quotidien. Ce peut être aussi bien un ami, un membre de la famille, son employeur ou son employé, enfin le travail est a faire. Ce qui est certain, selon Freg, c’est que le cimetière Pleine Lune, compte un tas de petits monstres allant du plus sympathique au plus détestable. C’est au lecteur adolescent, jeune adulte ou adulte de les découvrir et de faire les rapprochements.

Eh oui, Freg est humain ! La preuve : il fut adolescent et étudia au CÉGEP

Nous sommes maintenant en 1997 et Freg est inscrit, en graphisme, au CÉGEP du Vieux-Montréal. Dès le départ, il pose le constat que le 9ème Art n’est pas mis en valeur en tant que mode d’expression à l’intérieur des cours. Plus concrètement, le corps professoral décourage, voire même interdit, l’utilisation de la bande dessinée en tant que type d’illustration. Pour Freg, voilà un programme digne de la meilleure BD.

La Belle et la Bête

Imaginez le décor ainsi planté : le CÉGEP du Vieux Montréal comme scène principale, c’est déjà un bon départ. Le moment auquel l’intrigue a lieu: un travail de fin de sécession. La base du scénario, un adolescent (ou jeune adulte, allez savoir) à qui l’on dit « non, pas de BD » pour son travail. Quant à la distribution des rôles, elle se résume à deux protagonistes de poids que l’on peut présenter ainsi : dans le coin droit Freg, dit la Bête et dans le coin gauche,  madame (***) enseignante, dit la Belle.

« … outre les consignes dont je vous ai déjà fait part, de déclarer, la Belle, il est interdit, sous peine de voir votre travail se retrouver à la poubelle, de réaliser une illustration de type BD. » Et d’ajouter, à l’endroit des étudiants « Vous aurez compris que le non-respect de cette consigne aura aussi pour effet, de gratifier votre travail d’un zéro mérité. » Si le vocabulaire fut peut-être un peu différent de celui employé à l’époque, de préciser Freg, le sens non équivoque des consignes est bien le même.

Mais, pas si bête la Bête, Freg mauvais exemple pour notre jeunesse, s’il vous plaît ne lisez pas ceci, se dit dans un rugissement aphone « Pô grave, mâ faire à ma tête pareil. » Mais au fond de lui, Freg est  quasi assuré qu’il rencontrera un refus et qu’en cette belle fin d’année scolaire, qu’il devra reprendre sa formation et que la future bande à Smikee se retrouvera au cimetière avant même d’être née.

Mais la vie a-t-elle un sens si on ne force pas le destin, si l’on ne vit pas ses passions et l’on ne défit pas les règles qui privent bon nombre de créateurs à se réaliser ? Peut-on, en snobant la BD, comme littérature de seconde zone, se permettre de faire du Québec une terre d’importation des produits qui nous viennent  de l’Europe, des États Unis, des pays du nord de l’Afrique et de l’Asie, sans rien produire ? La réponse est non. Le Québec ne peut s’isoler  se condamner, dans un  monde multipolaire, d’être à la remorque des autres. Le 9ème art passe obligatoirement par la création, chez nous, d’un produit de qualité. Cette forme d’art qu’est la BD est aujourd’hui mondialisée, c’est à nous de prendre notre place là ou elle se trouve. Et Freg d’ajouter, armé de son plus beau sourire  « Nous, c’est dans le cimetière Pleine Lune. Les goûts, ça ne se discute pas »

Freg s’attela à produire une illustration de type BD comme travail de session. Délaissons à partir d’ici l’allégorie de la Belle et la Bête et poursuivons l’histoire. Plus sérieusement, il faut considérer que Freg joua gros jeu sur ce coup-là. En effet, si le travail était rejeté, cela signifiait qu’il devait dire au revoir à son diplôme d’études collégiales et que recalé, perdant trois ans d’étude. Pourquoi trois ans ? Parce que le programme avait été globalement modifié, que le cours d’illustration disparaissait de la carte des cours offerts et que l’année en question étant la dernière de transition entre les deux programme, l’équation se présentait comme suit : « 1 échec = 3 ans de perdus. Et on reprend depuis le départ »

Arriva donc l’échéance où il fallait bien présenter le travail. L’enseignante prend connaissance du travail de Freg et reste saisi un moment  constatant que l’étudiant a fait fi de sa consigne et produit une illustration de type BD et hideuse de surcroît.

« Mais, c’est de la BD, ça ! » de conclure l’enseignante. « Un peu » de répondre Freg. Ce dernier croit remarquer un intérêt certain de la part de l’enseignante pour l’illustration qu’il a produit.

À la grande surprise du récalcitrant, elle accepte le dessin tout en énonçant, pour les autres étudiants, une règle qui ne souffre d’aucun doute sur le sens employé : Nul autre ne doit s’aventurer sur le périlleux chemin emprunté pas Freg, plus clairement «  Je ne veux pas d’autre travail de ce type… Est-ce clair ? » Et pour Freg, elle murmura entre ses dents « Maintenant que je t’ai donné une telle permission, tu n’as plus le choix, tu es désormais obligé de faire quelque chose dans la vie avec ce personnage ». Puis, elle passa à ses autres étudiants sans cesser de le fixer.

« En y repassant aujourd’hui, je crois, nous dit Freg, qu’elle considérait mon illustration BD comme un travail aboutit. J’en fus vraiment très fier, car au-delà d’un dessin, aussi réussi soit-il, je démontrais que la BD avait une place dans le monde de l’illustration. Aujourd’hui, je ne peux que la remercier pour l’ouverture d’esprit dont elle a fait montre en cette occasion. Elle aussi prenait un risque en se positionnant contre les valeurs charriées par la maison d’enseignement »

Méthode d’enseignement

Pour Freg, ce moment demeure imprégné dans sa mémoire pour plusieurs raisons. Le proverbe « tel est pris qui croit prendre » prenait tout son sens et s’appliquait dans son cas de manière magistrale. Plus déterminant encore, l’enseignante venait de faire monter les enchères en prenant Freg à son propre jeu. « Désormais, je dois « faire »  se dit Freg à ce moment.

Aujourd’hui il interprète ainsi l’enseignement qu’il en a tiré. « Il faut toujours honorer la confiance que les autres mettent en nous. Je crois beaucoup à cette ancienne tradition par laquelle l’apprentissage se faisait sou la gouverne d’un « maître » de compagnonnage qui nous encourage à faire aux mieux de nos capacités. C’est d’un grand enseignement et d’une grande sagesse. Il est juste malheureux que notre société ne reconnaisse plus ce mode de transmission du savoir qui allie tout à la fois l’ancien et le nouveau, la coutume et l’innovation. »

Esquisses :

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Le long chemin qui mène au cimetière !

De cette expérience survenue au CÉGEP jusqu’à la parution du tome 1 de « La bande à Smikee », il faudra à Freg 15 ans de réflexions soutenues, de tentatives répétées et de travail constants pour en arriver à un résultat probant.

En effet, à la sortie du CÉGEP, il fallait d’abord se trouver un emploi. Rapidement Freg se fait connaître par son travail de graphiste. Il met sur pied sa propre compagnie qui se spécialise dans la conception visuelle se déclinant sous diverses formes allant de création de marque de commerce, de sites internet, de campagnes publicitaires en passant par la gestion d’événements ou de commandite.

Les jours, les semaines, les mois et les années passent, mais la « mission » signifiée par son enseignante demeure. Ce n’est que le soir, sinon la nuit que Freg peut se permettre de retourner à sa planche à dessin. Le personnage de Smikee, d’abord baptisé Maï-Key prend les traits d’un petit bonhomme colérique à la limite de la violence.

Durant la période 1999 – 2007, diverses ébauches de projet sont mises en forme, mais, dans l’esprit de Freg, ceux-ci ne sont jamais assez aboutis au point d’être acheminés à un éditeur. Griffonnages, dessins, barbouillages, esquisses, Maï-Key se retrouve à chaque séance de travail dans le bac à récupération.

En 2008, Freg prend un tournant. Plutôt que de s’obstiner et poursuivre son travail de création d’un personnage, il fait « un 180 degré » et se concentre désormais sur le scénario et l’environnement dans lequel l’histoire se déroule. Au pis aller, Maï-key sera déclassé et se contentera d’un rôle secondaire.

Le soir avec un grand « S » ou Freg trouve l’idée avec un grand « I ». Ce fut donc le grand « SI »

« Ce soir-là, j’étais installé sur la table du salon à crayonner tout en écoutant la télévision, de se rappeler Freg. Au programme de la soirée, on pouvait visionner l’émission Buffy contre les vampires, un classique du genre. Puis d’un seul coup tout me parut simple. Je venais de trouver l’idée avec un grand « I » :  transformer les « Ti-Mox » en monstres et faire de Maï-Key un fantôme. En une soirée, tout prit vie. »

S’il faut une soirée pour développer le principe directeur de la BD, il reste encore beaucoup de travail. Mais dès ce moment, Freg peut se mettre à construire le monde dans lequel évoluera la bande à Smikee.

Vous avez déjà baptisé un fantôme ? Pas facile du tout

Freg constate que le nom de Maï-Key ne convient pas. Mettant à profit son expertise dans le domaine des médias électroniques, il sait au départ qu’un nom composé d’un trait d’union causerait des difficultés. Étant de son intention de faire d’abord passer le test de la Bande à Smikee sur le web, il comprend qu’il doit se plier aux exigences du média. Foutu nom que Maï-Key !

Il n’est pas rare que Freg, à la recherche d’idée, les confronte avec celles de sa mère. Cette dernière lui donne toujours un avis franc et sans complaisance et c’est ce qu’il recherche. C’est pourquoi, a court d’idée sur la transformation du nom de Maï-Key, il rencontre sa mère. Dans les propositions du nom, il ne pose une seule condition, soit conserver le son produit par le nom Maï-Key, tout en changeant de nom. Pas facile hein, disons plus simplement que cela équivaut à proposer une théorie portant sur l’inertie dans le changement de cap ou l’apparente lenteur de la vitesse excessive.

Elle lui répond du tac au tac, facile tu n’as qu’à changer l’orthographe et ajouter une lettre en avant. Freg la regarde d’un air perplexe et lui demande « Quelle lettre peut remplir cette fonction? Qu’est-ce que je peux bien ajouter ? Un “V” ça va sonner Vmikey… un “R” ça va se dire Rmikey ? » Essai un « S » de lui dire sa mère. « Et ça va faire quoi » de rétorquer le « créateur du monde » croyant d’avance que la sonorité obtenue serait douteuse. Puis faisant la tentative à haute voix, Freg est séduit par  le nom : Sssmikey. « Ho, oui, c’est ça, Smikee Merci Maman, je savais que ça serait facile pour toi !

« Les bons comptes font les bons amis », dit le proverbe, d’ou la conclusion qui s’en suit : « les bons comptes Facebook font de bons amis Facebook ».

C’est en fouillant dans son classeur que le 5 avril 2011 (une date de naissance doit toujours être précisée, ça fait plus sérieux que ce soit vrai ou non. Ici, elle est vraie. Note de l’auteur). Donc, ce jour-là, Freg fouillait dans son classeur quand il tomba, outre sur un désordre indescriptible, sur les esquisses qu’il avait produites trois ans plus tôt, mais qui était demeurées à l’état de projet.

Il adapte rapidement les « strips » avec ses nouveaux personnages. Le résultat lui paraît pas mal du tout, au point ou le lendemain, 6 avril 2001 il ouvre le compte facebook.com/bd.smikee et y place son premier « strip ».

Les premiers « J’aime » sont plutôt longs à avoir. Au départ, la page ne dépassait pas les 25 fans. Dans le cadre de son entreprise de graphisme et de gestion d’événements, Freg avait eu le loisir de gérer de nombreux sites internet. Avec les années, il s’était développé un réseau d’amis. Cette fois cependant, il ne s’adressait pas au même public, d’une clientèle de visiteurs adulte, Freg transitait vers une clientèle jeunesse. Aussi nombreux que soit les visiteurs de sa page, peu d’entres eux cliquaient sur le « J’aime ». Il fallait passer à la vitesse supérieure, communiquer avec ses amis et leur expliquer que regarder ne suffit pas, il faut cliquer. Le travail se fit rapidement de manière suivante :

Dringgg ! Dringggg !

Aussitôt qu’il entend l’usuel « Hello » ou « Bonjour » Freg enchaîne

– Salut, Je te dérange ?

-Non.

-Super ! Est-ce que tu as une minute, j’ai un petit service à de demander.

– Ok pas de problème, qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

– Va devant ton ordinateur, d’ajouter Freg le dirigiste

-Ok j’y suis..

-Va sur facebook…

– C’est bon, j’y suis, qu’est-ce que tu veux me montrer

– Écrit bd.smikee dans l’onglet de recherche et clique sur Jaime !

-Juste ça. C’est fait !

-Merci.

Le résultat ne se fit pas attendre longtemps, une fois passé le cap des 75 fans, la page a réagi à tel point qu’en quelques mois, 2 500 personnes se sont inscrites. Aujourd’hui, la page de BD Smikee voit transiter des milliers de visiteurs, dont plus de 9 000 abonnés.

Salon du livre de Montréal 2011 : la rencontre de Kid Paddel et de Smikee

En novembre 2011, Freg et Makina se présentent au Salon du livre de Montréal. Visiter le Salon du livre n’est pas une nouvelle expérience pour eux. Depuis leur tout jeune âge, il s’agit d’une activité récurrente prévue à l’agenda. Ce qui est différent cette fois-ci, c’est leur intention de rencontrer le célèbre Midam, auteur de Kid Paddle, qui comme on le sait remporte un franc succès dans le domaine de la BD.

Freg et Makina on produit une planche ou l’on retrouve Smikee et Ramone se retrouvant au Salon du livre de Montréal, et dont l’un de nos deux héros veut rencontre Kid Paddle. Freg et Makina se présentent à la table de dédicace de l’auteur. Ordinairement, il n’est pas permis de faire un dessin et de la faire autographier par l’artiste. Mais Midam, généreux, non seulement fait la dédicace sur la planche de Freg et Makina, mais poursuit l’histoire dans la dernière case laissé libre à cette effet et signe « Midam et … » laissant un espace en blanc pour que  Freg et Makina puissent ajouter leurs noms en tant que coauteurs. « La générosité des grands est souvent à la mesure de leur talent, de conclure Freg, et Midam possède les deux. »

Une maison pour loger les petits hommes de la bande à Smikee : maison d’Édition Petit-Homme

Freg, faisait vivre sa page en ajoutant de nouveaux « strips » et le nombre de visites allait croissant. Il recevait de nombreux messages d’ici et de l’étranger dont principalement les pays francophones d’Europe ou du nord de l’Afrique. Un jour, il reçoit un message de Shawn Sirois, l’auteur de la BD « Planète Zoockey » une série portant sur l’univers du Hockey. Ils échangent souvent par la suite sur la BD en général.

Le 29 novembre 2011, Shawn Sirois, lui fait parvenir un message l’informant qu’il est édité par les Éditions de l’homme, maison d’édition pour laquelle il se déclare très satisfait. Mais Shawn va plus loin, il sert d’entremetteur entre Freg et les Éditions de l’homme si bien que cette dernière invite Freg à présenter un dossier. Freg fait parvenir quatre planches à l’éditeur qui les soumet au comité d’édition. Quelques jours plus tard, Freg apprend que les Éditions du petit homme sont prêtes à éditer la Bande à Smikee.

« Ce que je retiens de Shawn Sirois, c’est que souvent des personnes m’ont souvent approché pour me faire miroiter qu’il parlerait à telle personne ou telle autre, mais sans jamais donner suite. Shawn, au contraire, agit beaucoup plus qu’il ne parle » de conclure Freg au sujet de cette anecdote.

Un nouveau spectre hante le cimetière de Pleine lune : Makina

L’orthographe n’a jamais été le fort de Freg. « Une petite faute par ci, une petite faute par là » disait-il. Une faute par mot ou une par phrase, vous ne le saurez jamais pour la simple raison que Freg avait demandée à sa sœur, qui répond au nom d’artiste de Makina, un petit coup de main dans la correction des textes.

Au départ, Makina a pour seule responsabilité que la correction des textes. Dans un second temps, Freg lui demande son avis sur la qualité des blagues. De fil en aiguille, Makina soumet des idées à Freg et lui fait part de son intérêt pour l’écriture. C’est pourquoi, à ce jour, bien que Freg demeure l’âme et seul propriétaire de la Bande à Smikee, Makina co-scénarise de nombreuses planches de la BD.

Et ça continue

Les trois premiers tomes de la Bande à Smikee sont apparue sur les tablettes des librairies, respectivement en février 2013 pour le tome 1, Morts et fiers de l’être, en novembre 2013 pour le tome 2, Le retour du vampire, le tome 3, en août 2014, La cavale du chien Zombie.

En août 2015, Freg crée un nouveau produit, un livre « cherche et trouve » doublé d’une « aventure dont vous êtes le héros », en un seul volume. C’est une première, il y a bien eu, dans le passé, des « cherches et trouve » ou des « aventures dont vous êtes le héros », mais c’est la première fois qu’il y a fusion des deux concepts.

À l’hiver 2016, paraît le tome 4 de la collection, Le seigneur du mal.